Bonjour à tous! Comme prévu, nous avons passé le week-end dernier à Palmyre. Nous n'avons cette fois-ci pas fait de petite excursion aux alentours car il y avait déjà tant de choses à voir sur place!
Palmyre est une cité aux origines très anciennes (environ 20 siècle avant JC), perdue au beau milieu de la steppe syrienne, et qui doit son existence à son foisonnant oasis! Les ruines visibles datent pour l'essentiel des 1er, 2e et 3e siècles après JC. Quelques unes sont l'oeuvre de la célèbre reine Zénobie, célèbre pour son grand charme (yeux noirs, voix grave sensuelle ...) et son culot (qui la fit s'opposer à l'empereur romain Aurélien, alors qu'elle n'était qu'une veuve de roitelet!). Sa grande culture est - bien entendu - beaucoup plus souvent oubliée dans les textes!
Le jeudi soir, après un petit restaurant où nous avons mangé le plat dit typique des bédouins (composé de riz, de poulet et de fèves diverses) certains se sont précipités vers les échoppes à bijoux qui parsèment la rue principale de la nouvelle ville, et les autres - dont moi - sont allés se donner un petit aperçu nocturne de la ville antique. Le vent violent, qui fouettait le visage et projetait du sable, ne nous empêchait nullement d'admirer le contraste des ruines artificiellement éclairées sur un ciel sans lune...

A en croire les locaux, ce ****** de vent palmyrien souffle toute l'année durant! Comment arrivent-ils à le supporter? Moi en tous cas, je suis revenue de ce week-end avec un petit mal de gorge et de gros acouphènes...
Le vendredi, nous avons visité le site, en commençant par le grandiose temple de Bêl. Son élévation est bien conservée et les bas-reliefs peu nombreux sont splendides, en particulier un détail représentant trois femmes voilées.

Nous avons ensuite parcouru la grande colonnade de la cité, en s'arrêtant pour voir sur les côtés les ruines de temples, des bains, de l'agora, du théâtre (fort bien conservé, où j'ai déclamé ce que racontait me Guide bleu à son sujet, histoire d'entendre porter ma voix, comme le faisait ma maman lors de nos voyages grecs il y a quelques années (sauf qu'elle déclamait des textes classiques, nettement plus à propos))
Après un sandwich-kebab vite avalé, nous nous sommes offert une après-midi piscine! Et au "Cham Palace Hôtel" (luxueuse chaîne hôtelière syrienne), s'il vous plaît! Premier véritable plaisir de luxe depuis le début de notre voyage, bien que l'établissement semblait plus classe de l'extérieur que de l'intérieur, mais bon... c'était sympa de se rafraîchir un peu!

Ensuite, nous avons été sur un des points les plus élevés d'où l'on pouvait voir le site et le paysage qui l'entoure : le "château arabe" (Qalaat Ibn Maan), construit au 17e siècle apparemment... De là, nous avons pu regarder le soleil lentement disparaître à l'horizon... Magnifique! Pas étonnant que parmi la triade divine de Palmyre, on trouve, à côté du dieu suprême (Bêl), les dieux du soleil et de la lune...

Nous sommes restés dans la thématique solaire le dimanche matin : nous sommes partis de l'hôtel à 5h30 du matin pour voir le soleil se lever sur le site! ... Mais encore! Nous étions à dos de dromadaire!!! C'était vraiment incroyable : on aurait cru être des marchands bédouins arrivant dans la ville au petit matin... Epuisant mais magique! ... Mais il y a un gros bémol quand-même à cette balade : ces pauvres bêtes semblent vraiment avoir été maltraitées : beaucoup de cicatrices un peu partout... L'une d'elles avait une grosse blessure très infectée sur le museau : elle était juste derrière moi dans la cordée et je pensais qu'elle m'aimait beaucoup (moi ou mes phéromones) car elle venait mettre sa tête sur mes cuisses (bavant allègrement sur mon pantalon d'ailleurs), mais à un moment donné, j'ai compris qu'en fait elle se cachait derrière moi quand son vilain maître était dans les environs immédiats... Triste! Le maître en question s'est justifié en expliquant que la seule façon de leur apprendre à se mettre à genoux pour qu'on puisse les monter, c'était de tirer sur les sortes de muselières très fort, jusqu'à ce que blessure s'en suive...
Donc, chouette expérience, mais une fois est assez pour toute une vie : j'avais vraiment mal au coeur pour ces très sympathiques animaux...


Après cette aventure, certains sont partis faire du cheval. Avis aux éventuels amateurs qui décideraient de tenter l'expérience : passez un pacte avec le responsable de manière à ce que s'il vous arrive quelque chose, vous ne payez pas! Une fille est tombée lourdement, a eu d'ailleurs de sacrés bleus, et le gars très désagréable a quand-même fait payer le prix plein! Il faut savoir qu'en plus il ne propose aucune protection, bombe ou autre... totalement irresponsable à mon avis! Et moi pendant ce temps-là, je me remettait du dromadaire à l'hôtel... avant de partir à la découverte de la nécropole.
Enfin "découverte"... il n'est possible de visiter que deux tombeaux sur l'ensemble du site de la nécropole! C'est vite fait. Mais leurs décors sont pas mal, quand-même...

Et puis, pour en finir avec Palmyre, une petite partie d'entre nous a visité son Musée Archéologique! Autant le Musée d'Alep était nul au point de vue conservation, autant ici c'était nettement plus sérieux! Les collections présentaient surtout des sculptures provenant de la nécropole, ce qui nous a permis de mieux comprendre ce que l'on avait vu un peu plus tôt dans la journée... Beau musée, donc. Bien fait et agréable...

Une remarque cependant, en particulier à ceux qui aimeraient voyager à Palmyre : si le site antique magnifique vaut plus qu'un détour, j'ai détesté le climat touristique : j'avais l'impression qu'on nous voyait comme de gros portefeuilles sur pattes!!! J'ai trouvé totalement haïssable l'attitude de certains vendeurs de bijoux "en os de dromadaire", sheshs et autres..., dépassant les limites du désagréable quand on ne leur achetait rien! Et en particulier celle de notre hôtelier (New Afqa Hôtel), qui est totalement passé du grand sourire au pendage de tronche jusque par terre, et ce dès le moment où il n'avait plus aucun service payant à nous refourguer... (De plus, les tarifs et le petit dèj' compris indiqués dans le Guide du Routard sont erronés... (mais on les a quand-même obtenus à force de discussions acharnées!))

Voilà, j'ai trouvé que cet aspect gâchait un peu le plaisir... C'était peut-être dû au fait qu'un grand groupe, composé de filles essentiellement, est très loin de passer inaperçu en dehors de la saison touristique... Moi qui avait tant aimé l'accueil qu'on avait reçu un peu partout jusque là, suis déçue, quand-même!
Le week-end prochain, direction Bosra! J'espère y trouver plus de quiétude!