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Damas III

Ce fut quand-même émouvant de quitter les murs de Qâra... De dire au revoir à ces visages devenus familiers tout en sachant qu’il y a peu de chances qu’on se revoie... 

Notre avion a décollé le samedi 29 à 5h30 du matin. Nous sommes donc partis le jeudi après-midi pour Damas, le temps de faire de derniers achats (marqueterie, tissus, épices...) et de profiter encore de l’ambiance orientale. Comme on commençait à connaître la ville, on en a profité pour sortir des sentiers battus, découvrir de nouveaux quartiers charmants... On a traversé de part en part la vielle ville pour voir les quartiers chrétiens et pour un verrier. Dans les quartiers chrétiens, nous avons été chez un très sympathique fabriquant de marqueterie qui nous a expliqué les techniques et nous avons l’église Saint-Hanania, construite à l’emplacement du saint du même nom qui aurait guéri la cécité de saint Paul. Ci-dessous, une icône de cette église, entourée d’un grillage dans lequel les gens placent de voeux et des photos de leurs proches...

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Et chez le verrier, j’ai dû prendre sur moi pour ne pas trop acheter, histoire de ne pas avoir des bagages à main trop encombrants dans l’avion du retour! (J’étais déjà pas mal chargée à l’aller)

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Ce fut également l’occasion pour Marianne et moi de retourner comme prévu au magnifique musée national, voir les sections que nous n’avions pas encore vues. 

On est aussi revenues à la Tekkiyé Suleymaniyé, ce superbe ensemble architectural qu’occupent deux mosquées (sur la photo ci-dessous, le panneau indique "Keep the mosquee clean and divine"), un centre artisanal et deux musées, dont le musée de l’Armée. Ci-dessous, une photo d’un militaire protégeant le buste doré du président, entouré de beaux canons...

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Nous sommes retournés - deux fois - au restaurant que nous avons tant aimé, le Jabri House. Quand on aime on ne compte pas! Depuis la première fois où nous y étions allés, il y a eu quelques changements, en particulier des publicités pour des serviettes hygiéniques Téna : quand-même une drôle d’idée pour un restaurant! :-)

J’adore Damas : j’y serai bien restée quelques jours de plus! J’ai en tous cas la conviction que j’y retournerai un jour...

Merci à tous ceux qui ont fait partie de mon voyage et merci à vous qui m’avez lue et agréablement commenté mes mots. Je vais conclure sur une phrase célèbre traduite en arabe par mon ami Fayez (indice : ça vient de l’Odyssée) : 

SAIIED METHEL ULYSSE ALLA ZAI YOSAFER SAFARAN JAIENDAN!

j k s

 

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Anecdotes

Quelques anecdotes :

- Le prix de l’essence : à peu près 0,105 euro le litre. Les syriens laissent bien souvent leur moteur tourner!

- Beaucoup de constructions sont inachevées... La raison serait que on ne doit pas payer les taxes tant que les bâtiments ne sont pas finis!

- Si on peut trouver du Coca-Cola et du Pepsi, il existe un tas de copie ratées de ces produits qui portent des noms surprenants : j’ai retenu Master Cola, Mandarin Cola, Ugarit Cola ... ( Je me devais de vous apprendre ceci en tant que cocacolalogue!)

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- Lors d’une visite sous une chaleur harassante, on a vu un couple apparemment aisé dont la femme ne devait pas être si à l’aise : elle était voilée, bon normal ça, mais aussi vêtue d’un manteau d’hiver et gantée! Chaud pour elle! Elle avait même des porte-clés avec des photos de son mari qui pendaient à son sac à main : ça vaut bien la médaille à Médor ça! Si certaines femmes sont strictement vêtues, d’autres peuvent être voilées et néanmoins moulées dans des vêtements flashis. Aussi, les petites filles sont assez souvent habillées comme de petites poupées, à croire que les mamans compensent un peu!

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- Les néons fluorescents, on les retrouve partout et à toutes les sauces, chez des privés, dans les taxis, dans les restaurants... Et aussi, tous les minarets ainsi que des lieux de culte comme le mausolée de la tête de saint Jean-Baptiste (grande mosquée de Damas) sont éclairés de néons verts! (Le vert est la couleur de l’Islam, qu’on retrouve d’ailleurs sur tous les drapeaux des pays musulmans) Dire que chez nous les néons fluos ont une toute autre connotation! ;-)

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- Sur plusieurs centaines de chaînes de télé arabes, la moitié est consacrée à la musique! Les clips vidéo sont ultra kitsch : jolies filles habillées en rouge, dans des voitures rouges, avec téléphone et roses rouges... et en plus, ils sont suivis d'un générique (fiers en plus...) C’est le Bollywood du clip!!!

- J'ai adoré les customisations des véhicules de transport et de marchandise!!! Celui ci-dessous a même des petits yeux au dessus des phares!

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- Après six semaines, on ne pourra jamais oublier la tête du président! Il est partout : presque tous les commerçants ont leur petite affiche, les routes sont bordées de panneaux publicitaires à son effigie, les universités ont leur statue colossale... Souvent, il y avait des autocollants semi-transparents de sa face en plein milieu des fenêtres des voitures... Ca prend des proportions encore plus étonnantes dans la région côtière d’où est originaire le président : portrait fleuris, entourés de petits coeurs... Trop chou!

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- Vaut mieux choisir un nouveau prénom avant de partir en Orient si on s'appelle Maïté! On en avait une dans le groupe et on était morts de rire de voir la tête des gens quand elle devait leur donner son nom : il signifie “cadavre”!

- Et pour finir, on a croisé des gens vraiment très gentils. J’oublierai jamais ce petit ado-adorable à Alep qui même s’il parlait à peine anglais, nous aidé à trouver une pâtisserie que nous cherchions, a essayé (en vain d’ailleurs) de nous empêcher de nous faire arnaquer et puis qui pour finir nous a offert une glace! (et en était si fier!)

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J'ajouterai prochainement un dernier message pour parler du dernier week-end passé à Damas!

 

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Le désert

 

Ce dernier grand week-end fut un régal! Comme je vous l'avais annoncé, peu d'entre nous comptaient visiter l'est du pays... à vrai dire, nous ne sommes que deux à y être parties : Marianne et moi, car les autres voulaient retourner à Alep. Qu'à cela ne tienne!, Marianne fut une compagne de voyage idéale, avec ses rudiments d'arabe et surtout son bel enthousiasme. Merci à elle, car je n'aurais pas oser me lancer seule dans cette aventure et j'aurai été frustrée de ne pas voir ces sites que je rêvais de voir!

Grâce à Fayez, notre ami syrien du musée de Damas qui travaille avec nous sur les fresques, nous avons eu accès à un logement gratuit au musée de Deir-es-Zor, une des deux grandes villes de l'est de la Syrie (beaucoup moins populeux que l'ouest). Il nous a fallu quand-même six heures et quelques pour y parvenir, mais cela ne nous a coûté que 100 livres syriennes (c'est à dire 1,50€). C'était déjà une aventure en soi : il n'y avait pas une seule femme dans le bus public que nous avons pris et encore moins un touriste! Autant dire que nous nous sentions observées!

Après une nuit dans les appartements privés du musée de Deir-es-Zor, nous avons pris un minibus public en direction de Abou Kémal, qui nous a arrêtées à Mari. Nous avons rencontré dans ce bus quatre tchèques assez sympathiques (voir deux paragraphes plus bas) avec lesquels nous avons échangé nos impressions sur la Syrie. C'était assez intéressant de comparer leur séjour de ces quatre garçons au notre : ça semble quand-même plus peinard quand on est un mâle! Néanmoins, comme ils se baladaient en short (look très très touristique), ils n'ont pas toujours été très bien accueillis partout (regards moqueurs...)

Mari est un cas de dégradation surprenant : les murs de ce vaste ensemble palatial (datant des 3e et 2e millénaires) étaient en brique crue et ils se sont affaissés en moins d'une vingtaine d'années après leur mise au jour! Le palais proprement dit a été un peu mieux préservé grâce à une vilaine toiture en plastique. Et certaines zones sont reconstruites.

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Ensuite, nous avons remonté la route jusqu'à Doura Europos, où se trouverait la plus ancienne chapelle chrétienne jamais découverte! Le site est également fort dégradé, mais il y a encore quelques jolis ensembles debout, comme l'entrée monumentale de l'enceinte extérieure et le tout petit amphithéâtre. De la citadelle en bordure du site, nous avons pu admirer le très paisible Euphrate... Grand souvenir! :-)

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Ensuite nous sommes retournés à Deir-es-Zor. Nous avons fait le marché pour acheter un picnic pour le lendemain et on y a été très agréablement accueillies! Après, nous avons visité le Nouveau Musée, très intéressant où il y avait de magnifiques faïences omeyyades et d'intéressantes reconstitutions de sites archéologiques (ci-dessous, Mari).

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Le lendemain, nous voulions voir deux sites difficilement accessibles et surtout assez éloignés l'un de l'autre, donc nous avons dû prendre un taxi. Cher, mais ça valait le coup (et puis nous avions bien économisé jusque là)! Au début du trajet, nous étions sur une route qui longeait l'Euphrate. Surprenant la différence entre un côté de la route, tout sec et rocailleux, et l'autre, tout à fait verdoyant!

Notre première étape fut le site de Résafeh. Pour moi, il devrait être classé parmi les plus fantastiques de Syrie! Tout ce qui se trouve à l'intérieur de l'enceinte, dont la porte monumentale est magnifique, est entouré de petites dunes. Il s'y trouve plusieurs bâtiments, dont des citernes immenses et trois églises, dont une basilique dédiée à saint Serge et saint Bachus (soldats romains martyrisés célèbres en Orient) qui est une véritable splendeur.

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Et le dernier site du week-end fut le palais omeyyade appelé Qsar-al-Hair-al-Sharki, tout à fait perdu dans le désert. Il s'agit de l'un des deux exemples syriens de ces châteaux qu'occupèrent les califes omeyyades lorsqu'ils souhaitaient se retirer de leur bruyante capitale damascène (il y en a un bon nombre en Jordanie, sinon). Autour de ces palais proprement dit, et de leurs hammams attenants se dressaient des enceintes qui jadis enfermaient des jardins où circulaient librement des animaux. Ces palais servaient donc notamment à la chasse. Les décors de ces palais étaient d'un raffinement extrême (nous en avons vu de nombreux fragments au Musée national de Damas), mais ont bien-sûr été dégradés et pillés. Néanmoins je suis heureuse d'en avoir vu un de mes yeux!

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Nous avons ensuite fait du stop jusqu'à Homs et puis pris un bus public jusqu'à notre bon vieux Qâra, où nous passons nos tous derniers jours...

Demain, nous irons pour la troisième fois à Damas. Il y a encore quelques belles choses à voir et à acheter! Et puis ce sera la fin du périple. Comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin! A bientôt !

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Qâra II

Si les week-end de découverte sont de véritables plaisirs, les retours dans ce beau monastère le sont également! Même si de temps en temps, il y a des cars entiers de touristes, parfois bruyants, parfois carrément envahissants (voir même dégueulasses : lors de notre dernière excursion, un scato s'est amusé à repeindre les murs de nos toilettes : c'est bien pire que de pisser derrière l'église, ça!!!) Mais nous n'avons pas trop à en souffrir néanmoins! J'apprécie fort le calme qui règne (par moments donc) en ces lieux.

Il y a beaucoup de cars qui passent ici car le deir Mar Yacoub de Qâra est l'un des monastères à voir dans ce que l'on appelle "le massif du Qalamoun" : cette région en altitude est l'une de celle qui comprend un bon nombre des 10% de chrétiens vivants en Syrie (certains guides parlent de 5%...). On est à 1400 mètres d'altitude et ces derniers temps, il commence à faire franchement froid le soir ou même à l'ombre pendant la journée. J'ai pas pris assez de pulls! D'ailleurs, le nom du village signifierait "froid qui fend la pierre"!

Parmi les autres monastères de la région, que nous avons visités en semaine ou en revenant de week-end, il y a :

?_ Saidnaya, dont une marche de l'escalier qui mène au couvent laisse suinter une huile miraculeuse :-) Et on peut y voir un endroit où se serait ouverte la montagne lorsque sainte Thècle fuyait son martyre. J'ai également vu un champ de piments sécher sur un toit.

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?_ Marmoussa, qui nous a fait grimper de nombreuses marches d'escalier! A voir absolument pour son panorama et ses peintures murales splendides et fort bien conservées, qui ont d'ailleurs été restaurées par l'équipe du musée de Damas avec qui nous travaillons à Qâra.

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?_ Maloula, qui présente des superbes icônes et où l'on trouve encore des gens parlant l'araméen! Nous y sommes allés juste avant la fête de la sainte Croix et c'était l'euphorie générale : toutes les maisons portaient des croix fabriquées à l'aides de tubes de néon, les gamins allumaient des petits feus d'artifice (plutôt de petits pétards) et des tas de pneus brûlaient dans les montagnes alentours...  

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Revenons à Qâra. Sa communauté compte trois soeurs et un frère, deux postulantes, et quatre personnes en recherche spirituelle; ils viennent d'horizons différents (Syrie, Liban, Iran, Arménie, France...) Ils sont vraiment très agréables et serviables! Et la mère supérieure dirige le monastère comme une véritable femme d'affaires (son téléphone sonne quasiment tous les quarts d'heure! :-)) Nous vivons dans les zones qui nous sont réservées, où nous travaillons, mangeons, dormons, vaissellons... Nous voyons les habitants réguliers du monastère surtout quand ils viennent au potager, quand nous allons acheter des cocas dans la boutique et quand nous allons chercher nos repas dans leur cuisine. Nous mangeons beaucoup de légumes et de féculents, et aussi des fruits, en particulier les délicieuses figues du potager! Donc assez peu de viande, sauf parfois le dimanche! Nous avons apprivoisé un des nombreux chats errants qui rodent ici, et nous l'avons, très à propos, appelé "Barbecue". Depuis, ses frères et soeurs incaressables viennent également demander l'aumône... Cela agace un peu les soeurs qui ont vaguement menacé d'emmener Barbecue au village, mais comme elles savent que nous nous y sommes attachés et qu'elles ont bon coeur, elles ne s'exécutent pas (encore?).

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Nous sommes aussi allés visiter le village en compagnie du prêtre de Qâra : ses deux églises (une chrétienne et une orthodoxe très intéressante) et quelques demeures habitées par des chrétiens, dont l'une vraiment belle.

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Depuis que notre accompagnatrice Marie est partie, trois stagiaires de l'école de Condé à Paris nous ont rejoint il y a deux semaines environ, puis Olivier, un enseignant de cette même école, il y a une semaine, et plus récemment Isabelle et Marie-Hélène, deux accompagnatrices de Belgique (qui viennent un peu renforcer les troupes, là, parce qu'on était que 3 belges sur 14!). On est donc actuellement 16! Les quatre filles de Condé Lyon partiront le week-end prochain, par contre... Donc la population restaurante du monastère est pas mal fluctuante!

Sinon, le travail sur les peintures murales du 13e siècle est devenu un peu rébarbatif depuis que nous ne faisons plus de puzzle : nous sommes dans la phase du nettoyage : il y avait sur l'entièreté de l'ensemble une couche de protection de composition inconnue et qui s'est opacifiée avec le temps, qui ne peut qu'être légèrement ramollie à l'eau chaude puis difficilement retirée au scalpel... Donc on n'apprend pas grand chose, malheureusement. Néanmoins, les fragments sont très beaux, ce qui console! Aussi, la communication avec l'équipe syrienne déléguée par le musée de Damas s'avère parfois difficile : on a du mal à les comprendre et réciproquement. Mais la plupart sont assez sympathiques (même s'ils se servent très naturellement dans nos réserves de nourriture pendant les pauses-thé (question de culture et pas de politesse, bien-sûr), ce qui actuellement n'est plus trop un problème, vu que c'est le ramadan! :-) Dans cette équipe, il y a des sunnites, des druzes, deux catholiques et une orthodoxe.

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Par contre, l'icône sur laquelle Marianne et moi travaillons a bien avancé (même si là aussi ça s'avère un tantinet rébarbatif) : le dégagement du surpeint et du vernis jaunâtre de la couche picturale ont bien avancé (voir ci-dessous)! On devrait s'attaquer ensuite au problème du support : il s'agit d'une toile collée sur un panneau de bois : ce panneau a rétréci, contrairement à la toile, ce qui a provoqué des plis de celle-ci et des pertes de la couche picturale... On va donc décoller, retendre puis recoller cette pauvre toile, mais c'est nécessaire pour qu'elle puisse encore survivre quelques décennies au moins.

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Pour moi en tous cas, plus qu'une dizaine de jours à "survivre" sans gros câlins, canapés, matelas et coussins mous, baignoires, pizzas et autres... et surtout sans quelques uns d'entre vous qui me lisez!!! Ca va passer bien vite, je pense!

                       

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Bosra et Damas

Le week-end dernier, comme le logement à Bosra s'avérait compliqué, nous avons décidé de dormir à Damas, ce qui allait nous permettre de faire la visite du Musée National avec le membre de l'équipe syrienne qui parle le mieux le français.

Donc nous sommes arrivés à Damas le jeudi soir, et nous sommes retournés au superbe restaurant où nous avions soupé le tout premier soir où nous sommes arrivés en Syrie! Un mois environ après notre arrivée, on se sentait comme chez nous dans ces jolies ruelles de la vielle ville, et on réalisait qu'on était là depuis déjà si longtemps! C'était assez émouvant, quand-même... Voici une vue d'ensemble assez floue de ce restau.

restau

Le lendemain matin, nous sommes donc partis pour Bosra. On avait décidé de prendre un bus des transports en commun qui devait nous y amener directement, mais finalement on a dû changer deux fois! En commençant par un taxi qui nous a fait payer le triple du prix... mais bon!  Pour le retour, re-belotte. On a même assisté à une bagarre entre deux chauffeurs de taxi qui se battaient pour nous! L'un a sauté à la gorge de l'autre de façon violente, en serrant avec les ongles et tout! Au final, nous ne sommes pas montés dans le minibus de l'agresseur mais dans celui de l'agressé. Bref, on a passé beaucoup de temps dans les transports mais on a quand-même eu assez de temps sur le site.

On a commencé par le grandiose théâtre de Bosra, construit au 2e siècle, qui est dans un excellent état de conservation. Les gradins sont vertigineux et la façade intérieure de la scène est magnifique, avec de très beaux volumes.

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Le reste du site de Bosra est mélangé à une petite ville moderne, qui comporte cinq mosquées.  Le mélange antique et contemporain est assez amusant, parfois même tout à fait incongru!

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Le lendemain à Damas nous avons retrouvé notre ami syrien au musée qui nous a fait faire une visite très intéressante. En deux heures et demi, sans traîner, nous n'avons pas fait tout le tour! Ce musée est absolument splendide : très bien entretenu contrairement à celui d'Alep! Je crois que c'est la visite que j'ai préféré jusqu'ici! Bien-sûr, les sites que nous avons vu étaient superbes, souvent avec de magnifiques panoramas, mais il y a une telle concentration de chefs d'oeuvres dans ce musée!!! M'ont particulièrement marqués : de nombreux restes des décors architecturaux du palais omeyyade de Qsar al-Hayr al-Gharbi, de superbes statues d'adorants du site de Mari, des tablettes gravées d'inscriptions provenant de Ougarit (l'endroit même où serait apparu le tout premier alphabet, nous l'avions visité précédemment) et les peintures murales de la synagogue de Doura Europos, présentées de manière à voir exactement les volumes et l'agencement de ce bâtiment! Fort en émotions...

Ci-dessous, la façade du palais qui a été réintégrée dans l'entrée principale du musée, et deux pièces très jolies. Je pense que tu aurais adorée la deuxième, Véro! 

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Après s'être reposé un peu sur les bancs du superbe jardin qui entoure ce fabuleux lieu d'histoire, nous sommes allés voir l'autre endroit intéressant de la ville moderne, à deux pas du musée : la tekkiyé Suleymaniyé. Cet ensemble architectural du 16e siècle est l'oeuvre d'un célèbre architecte, Sinan, que l'on considère parfois comme "le Michel-Ange ottoman", d'après mon Guide Bleu! Un centre artisanal y a pris place, où l'on trouve des tissus à brocards, des bois décorés, du métal finement travaillé, du verre soufflé... On devrait y retourner avant notre départ, parce qu'on a pas eu le temps d'en faire le tour! Trop de choses à voir... et à acheter! :-)

tek tek

Le week-end prochain, qui sera le dernier week-end complet, une petite partie de la troupe (ceux pas effrayés par les longues distances) partira dans le désert...! Je vais voir l'Euphrate!!! :-)))

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Palmyre

 

Bonjour à tous! Comme prévu, nous avons passé le week-end dernier à Palmyre. Nous n'avons cette fois-ci pas fait de petite excursion aux alentours car il y avait déjà tant de choses à voir sur place!

Palmyre est une cité aux origines très anciennes (environ 20 siècle avant JC), perdue au beau milieu de la steppe syrienne, et qui doit son existence à son foisonnant oasis! Les ruines visibles datent pour l'essentiel des 1er, 2e et 3e siècles après JC. Quelques unes sont l'oeuvre de la célèbre reine Zénobie, célèbre pour son grand charme (yeux noirs, voix grave sensuelle ...) et son culot (qui la fit s'opposer à l'empereur romain Aurélien, alors qu'elle n'était qu'une veuve de roitelet!). Sa grande culture est - bien entendu - beaucoup plus souvent oubliée dans les textes! ;-)

Le jeudi soir, après un petit restaurant où nous avons mangé le plat dit typique des bédouins (composé de riz, de poulet et de fèves diverses) certains se sont précipités vers les échoppes à bijoux qui parsèment la rue principale de la nouvelle ville, et les autres - dont moi - sont allés se donner un petit aperçu nocturne de la ville antique. Le vent violent, qui fouettait le visage et projetait du sable, ne nous empêchait nullement d'admirer le contraste des ruines artificiellement éclairées sur un ciel sans lune...

palmyre

A en croire les locaux, ce ****** de vent palmyrien souffle toute l'année durant! Comment arrivent-ils à le supporter? Moi en tous cas, je suis revenue de ce week-end avec un petit mal de gorge et de gros acouphènes...

Le vendredi, nous avons visité le site, en commençant par le grandiose temple de Bêl. Son élévation est bien conservée et les bas-reliefs peu nombreux sont splendides, en particulier un détail représentant trois femmes voilées.

relief trois femmes voilées  piscine

Nous avons ensuite parcouru la grande colonnade de la cité, en s'arrêtant pour voir sur les côtés les ruines de temples, des bains, de l'agora, du théâtre (fort bien conservé, où j'ai déclamé ce que racontait me Guide bleu à son sujet, histoire d'entendre porter ma voix, comme le faisait ma maman lors de nos voyages grecs il y a quelques années (sauf qu'elle déclamait des textes classiques, nettement plus à propos))

Après un sandwich-kebab vite avalé, nous nous sommes offert une après-midi piscine! Et au "Cham Palace Hôtel" (luxueuse chaîne hôtelière syrienne), s'il vous plaît! Premier véritable plaisir de luxe depuis le début de notre voyage, bien que l'établissement semblait plus classe de l'extérieur que de l'intérieur, mais bon... c'était sympa de se rafraîchir un peu!

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Ensuite, nous avons été sur un des points les plus élevés d'où l'on pouvait voir le site et le paysage qui l'entoure : le "château arabe" (Qalaat Ibn Maan), construit au 17e siècle apparemment... De là, nous avons pu regarder le soleil lentement disparaître à l'horizon... Magnifique! Pas étonnant que parmi la triade divine de Palmyre, on trouve, à côté du dieu suprême (Bêl), les dieux du soleil et de la lune...

palPAL

Nous sommes restés dans la thématique solaire le dimanche matin : nous sommes partis de l'hôtel à 5h30 du matin pour voir le soleil se lever sur le site! ... Mais encore! Nous étions à dos de dromadaire!!! C'était vraiment incroyable : on aurait cru être des marchands bédouins arrivant dans la ville au petit matin... Epuisant mais magique! ... Mais il y a un gros bémol quand-même à cette balade : ces pauvres bêtes semblent vraiment avoir été maltraitées : beaucoup de cicatrices un peu partout... L'une d'elles avait une grosse blessure très infectée sur le museau : elle était juste derrière moi dans la cordée et je pensais qu'elle m'aimait beaucoup (moi ou mes phéromones) car elle venait mettre sa tête sur mes cuisses (bavant allègrement sur mon pantalon d'ailleurs), mais à un moment donné, j'ai compris qu'en fait elle se cachait derrière moi quand son vilain maître était dans les environs immédiats... Triste! Le maître en question s'est justifié en expliquant que la seule façon de leur apprendre à se mettre à genoux pour qu'on puisse les monter, c'était de tirer sur les sortes de muselières très fort, jusqu'à ce que blessure s'en suive... :-( Donc, chouette expérience, mais une fois est assez pour toute une vie : j'avais vraiment mal au coeur pour ces très sympathiques animaux...

coucher de soleil

 

dromadaire drom

Après cette aventure, certains sont partis faire du cheval. Avis aux éventuels amateurs qui décideraient de tenter l'expérience : passez un pacte avec le responsable de manière à ce que s'il vous arrive quelque chose, vous ne payez pas! Une fille est tombée lourdement, a eu d'ailleurs de sacrés bleus, et le gars très désagréable a quand-même fait payer le prix plein! Il faut savoir qu'en plus il ne propose aucune protection, bombe ou autre... totalement irresponsable à mon avis! Et moi pendant ce temps-là, je me remettait du dromadaire à l'hôtel... avant de partir à la découverte de la nécropole.

Enfin "découverte"... il n'est possible de visiter que deux tombeaux sur l'ensemble du site de la nécropole! C'est vite fait. Mais leurs décors sont pas mal, quand-même...

necropole

Et puis, pour en finir avec Palmyre, une petite partie d'entre nous a visité son Musée Archéologique! Autant le Musée d'Alep était nul au point de vue conservation, autant ici c'était nettement plus sérieux! Les collections présentaient surtout des sculptures provenant de la nécropole, ce qui nous a permis de mieux comprendre ce que l'on avait vu un peu plus tôt dans la journée... Beau musée, donc. Bien fait et agréable...

ext musée

Une remarque cependant, en particulier à ceux qui aimeraient voyager à Palmyre : si le site antique magnifique vaut plus qu'un détour, j'ai détesté le climat touristique : j'avais l'impression qu'on nous voyait comme de gros portefeuilles sur pattes!!! J'ai trouvé totalement haïssable l'attitude de certains vendeurs de bijoux "en os de dromadaire", sheshs et autres..., dépassant les limites du désagréable quand on ne leur achetait rien! Et en particulier celle de notre hôtelier (New Afqa Hôtel), qui est totalement passé du grand sourire au pendage de tronche jusque par terre, et ce dès le moment où il n'avait plus aucun service payant à nous refourguer... (De plus, les tarifs et le petit dèj' compris indiqués dans le Guide du Routard sont erronés... (mais on les a quand-même obtenus à force de discussions acharnées!))

vendeurs

Voilà, j'ai trouvé que cet aspect gâchait un peu le plaisir... C'était peut-être dû au fait qu'un grand groupe, composé de filles essentiellement, est très loin de passer inaperçu en dehors de la saison touristique... Moi qui avait tant aimé l'accueil qu'on avait reçu un peu partout jusque là, suis déçue, quand-même!

Le week-end prochain, direction Bosra! J'espère y trouver plus de quiétude!

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Alep

 Bonjour à tous!

Le deuxième week-end fut un peu moins chargé que le précédent : on était tous sur les genoux dimanche dernier et il allait faire encore plus chaud ce week-end! Les pauvres petits occidentaux peu résistants à la chaleur que nous sommes doivent se ménager, quand-même...!

Nous sommes allés dans le nord du pays, à trois heures et demi de route environ, et nous avons dormi les deux nuits à Alep. Le genre d'hôtel que nous fréquentons depuis le début du séjour est bon marché, à peu près 2-3 euros la nuit, plutôt pour les baroudeurs en sac à dos. C'est assez amusant de rencontrer des suisses, des tchèques, des japonais... même si l'on échange en général que quelques mots en mauvais anglais, ça donne une saveur en plus au voyage. Ces hôtels sont dans ou près du centre de la ville et sont de qualité très variable : certains sont charmants, certains sont assez propres... d'autres pas trop! Dans celui d'Alep,beau mais pas très clean, certains, faute de place dans les chambres, ont eu droit au dortoir aménagé sur le toit : rustique mais sympathique! (J'en étais dispensée pour cause d'attaque violente par les moustiques : j'ai été piquée environ 40 fois sur le bras droit la semaine dernière... Ouïe et grat-grat beaucoup!)

Après un petit restaurant et une nuit réparatrice, nous sommes allés voir le site de Saint-Siméon, à une heure de route au nord. Ce Siméon, est un stylite : c'est-à-dire un de ces auto-martyres qui furent très en vogue au 4e et 5e siècles en Orient : ils s'isolaient par exemple dans des puits, dans des arbres creux..., vivant de la nourriture offerte par des pieux admirateurs. Notre Siméon s'est quant à lui planté en haut d'une colonne pendant quelques dizaines d'années, l'original! Il reste des vestiges (ou pseudo-vestiges) de cette colonne autour de laquelle fut construite à la fin du 5e siècle le sanctuaire dont le plan général présente un octogone  inscrit dans un carré entouré de quatre bras formant croix. Autour, on peut voir les vestiges des bâtiments monacaux et du baptistère. Le site se situe sur une terrasse aménagée par arasement d'une colline et donne à voir la frontière avec la Turquie. C'est l'un des plus célèbres et des plus visité du pays! Majestueux!

st sim sim

Nous avons ensuite été voir un site tout proche, en contrebas, Deir Seman, qui regroupait quelques monastères liés à l'église : c'est par là que les pèlerins passaient avant d'accéder au sanctuaire de Saint-Siméon. Un petit village s'est installé entre les ruines : on peut y voir des maisons à toit en forme de ruche, très pittoresques!

ds ruches

Nous avons ensuite vu deux autres sites assez proches qui valaient le détour : Refadé, des ruines de villas luxueuses du 5e siècle, et puis Qatoura, une curieuse petite nécropole païenne creusée dans la roche, à peine mentionnée dans mon "Guide bleu"!!! (pourtant jusque là très complet sur les sites, bien plus que le "Guide du routard" qui ne reprend même pas Qâra-la-belle!)

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Le chauffeur qui nous a "trimballé" jusqu'à ces sites s'est à un moment donné arrêté devant une maison (sans donner d'explication, vu qu'il ne parlait même pas l'anglais). Ensuite un homme assez bourru est venu nous inviter à rentrer. On a un peu hésité, mais on a bien fait d'accepter! Il s'agissait en fait de la maison de la soeur et du beau-frère du chauffeur. Ils ont installé des coussins sur le sol et nous ont servi du thé et de la pastèque (délicieuse)! On est resté environ trente minutes, à essayer de baragouiner avec le peu de mots arabes indiqués dans le Guide du routard, à admirer leurs très beaux enfants et surtout à profiter de ce moment d'anthologie (et même d'anthropologie!).

Il nous a ensuite ramenés à Alep. Nous sommes passés par les souks (qui étaient entièrement vides, vu qu'on était vendredi : fantomatique!) pour accéder à la citadelle. On a été poursuivies par quelques adolescents débiles durant toute la visite et encore en redescendant... Voilà ce qui arrive quand dix filles (et un garçon qui n'avait pas l'attitude d'un protecteur) se baladent en t-shirt hors de la saison touristique. Ceci dit on n'avait pratiquement pas été "embêtées" jusque là.

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On a ensuite été dans un chouette restau sur un toit, où on a notamment mangé de la viande cuite au barbecue (on ne mange pratiquement que des légumes au monastère de Qâra... pauvre de moi!). Nous sommes également passés par le quartier arménien, très dépaysant!

q arm

Le lendemain, à Alep, nous avons commencé par le Musée Archéologique, qui comprend des pièces absolument superbes!!! Dont beaucoup vues au cours d'Asie antérieure, merci Mr. Tunça! C'est quand-même autre chose en vrai que sur des vilaines photocopies! Par contre... ce musée...! : scénographie des années 70 et surtout dans un état : des mégots de clopes dans les coins, un bon nombre d'années de poussière, des étagères écroulées (certaines ayant cassé des objets)... Au secours! De quoi retourner le ventre de n'importe quel conservateur-restaurateur! Les gardiens (ceux qui jettent leurs mégots dans les coins) nous suivaient pour nous donner des explications peu intéressantes, reprenant ce qui était indiqué sur le notices pour l'essentiel : non seulement ils ne nous laissaient pas admirer tranquillement les oeuvres, mais en plus ils le faisaient dans le but d'avoir un bakchich, nous a expliqué un visiteur habitué. Il a fallu ruser pour s'en écarter! Ci-dessous, un beau numéro d'inventaire défigurant une pièce magnifique!

musée

L'après-midi, une partie du groupe (Marianne, Charlotte et moi) a visité la grande mosquée, charmante même s'il reste assez peu des bâtiments originels du 8e siècle... Elle ne vaut pas celle de Damas mais vaut néanmoins le détour.

Durant cette visite, un syrien nous a alpagué pour nous donner quelques explications. Je m'attendais à ce qu'il attende un bakchich à la fin, mais il s'est écrié que c'était par pure hospitalité! Ensuite, il nous a proposé de monter sur les toits en terrasse des souks pour voir de haut des caravansérails (cours où se rangeaient les caravanes de marchandises et dormaient les caravaniers). Et ensuite, car il y avait une finalité à son hospitalité, il nous a emmené dans sa boutique de tissus et de bijoux, à laquelle on ne serait pas allées sinon, car elle était légèrement en dehors des souks... On a reçu du thé et j'ai acheté une belle étole.

alep

Ensuite, on a visité les souks proprement dits. Ceux d'Alep sont réputés pour être les plus beaux de tout le Proche-Orient. Par rapport à ceux de Damas, les plafonds voûtés sont plus bas, ce qui donne une ambiance calfeutrée assez sympathique... Par contre!, on s'est rendu compte que les marchands de tissus et de bijoux nous avaient repérés depuis notre arrivée le jeudi soir! Ils étaient au taquet! On était séparé en plusieurs groupes lors de notre shopping, et ils savaient combien on était au total. Ils parlaient tous le même français à touristes, avec des expressions rigolotes du style "Les carottes sont cuites" ou, montrant les bijoux sur eux-même, "Ca ferait bien chez Michou!"... Incroyable! Et les vêtements côtoyaient les savons et les viandes suspendues...

souk alep

Bref, encore un beau week-end de découverte! Le prochain, on partira probablement à Palmyre : prometteur!

En attendant, je vous embrasse tous!

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De Hama au Krak

Pour notre premier véritable week-end de découvertes, nous avons quitté le monastère jeudi soir (de la semaine passée) pour Hama, une ville moderne qui conserve de très impressionnantes norias : ce sont des roues gigantesques qui servent à alimenter en eau. Leur principe remonte au moins au 5e siècle. Les plus anciennes de Hama datent du 14e siècle.

Le lendemain, nous sommes allés voir deux villes mortes dans le massif calcaire : Sergilia, magnifique, où j'aurai bien photographie chaque pierre (j'ai en tous cas photographié presque tous les superbes linteaux sculptés du site) et Al Bara, perdue au milieu de champs d'oliviers, qui présente de surprenants tombeaux à toitures pyramidales. Ces villes mortes qui datent en moyenne du 5e siècle, ont été abandonnées à cause d'invasions, d'épidémies et de troubles économiques...

albara SERG

L'après-midi nous sommes allés à Apamée. On a commencé par le musée qui renferme de belles pierres et de très très belles mosaïques, dont l'une qui représente Socrate et ses disciples. Il faut dire qu'Apamée, qui a vu passer de sacrées personnalités au cours de sa longue histoire (Cléopatre, Marc-Antoine, ...) a été le foyer de l'école néo-platonicienne orientale au 4e siècle. Par contre, mauvaise surprise : la mosaïque la plus réputée, celle des Amazones, a été partiellement volée!!! Qui sont les salauds de collectionneurs qui détiennent ses morceaux!?!?!?! Ensuite, nous sommes allés voir le site en lui-même, véritablement splendide. On a marché deux km le long des colonnades de la ville. Une section de colonnade présente des colonnes à rainures torses, qui ont fait la célébrité du site par leur originalité. Au loin, on a entendu l'appel à la prière : c'est pas que j'y répondrai, mais c'est joli à entendre, en particulier dans un contexte aussi beau.

apamee

Nous avons logé ensuite à Lattaquié, une ville portuaire assez vilaine et très moderne, où la chaleur mêlée à l'humidité étaient vraiment oppressante. Particularité : la plupart des femmes n'y étaient pas voilées et on en a vu sur des affiches électorales! Ca changeait!

De Lattaquié, nous avons été au site tout proche de Ougarit (je pense, vue au cours de O. Tunça en 1e candi, n'est-ce-pas Lylan et Flo?) dont les vestiges datent essentiellement du 2e millénaire avant notre ère. Ils ne sont pas évident à cerner, en particulier sous une chaleur aussi harassante que celle que nous avons eue! Mais quel lieu d'histoire! Ci-dessous, la maison au vase de pierre...

maison au vase de pierre

Ensuite nous somme allés voir deux châteaux de croisés : le château de Saône (dit aussi de Saladin) et le célèbre Krak des Chevaliers (vu chez ce bon vieux VDB!). Le premier, logé entre les montagnes, occupe un espace très étendu, tandis que le deuxième, beaucoup moins vaste, est perché sur les montagnes et est bien mieux conservé. C'était vraiment étrange et beau, cette architecture médiévale française en Syrie!

saone

krak krakkr

Ce fut un beau week-end bien chargé! Vivement le prochain! ;-)

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Qâra

Je vais vous parler de mon lieu de villégiature... Les gens du monastère sont très gentils et je trouve leur initiative assez remarquable. En 1994, le monastère était encore en ruines. C'est une religieuse, mère Agnès, qui, tombée amoureuse du site, a décidé de le restaurer. Entendons-nous : restaurer à l'orientale, c'est à dire reconstruire par dessus, ce qui serait hors de question par chez nous! D'autant plus qu'il a des origines fort anciennes (une poutre en bois toujours en place dans les parties basses a été datée scientifiquement et est vielle de 2000 ans!)

q q

La restauration c'est en fait le leit-motiv de cette communauté religieuse : au point de vue matériel d'abord (d'où notre présence en ces lieux) mais aussi au point de vue spirituel : des orthodoxes et des protestants ont déjà été reçus ici dans le but de travailler à l'unité de l'Eglise chrétienne! Je trouve cela intéressant et très moderne!

Il n'y a pas beaucoup de membres (cinq, je pense) mais il y a par contre un certain nombre de gens venus ici en retraite spirituelle (des sortes de brebis égarées qui souhaitent être remises sur le droit chemin).

Au point de vue boulot, comme nous travaillons avec une équipe syrienne sur les fresques, nous nous sommes calqués sur l'horaire syrien : nous travaillons du dimanche au jeudi soir (le vendredi étant le jour de la grande prière des musulmans). Nous sommes sur les fresques le matin et sur les icônes l'après-midi. (Les syriens avec lesquels nous travaillons le matin étaient effarés qu'on puisse travailler l'après-midi!!!)

Les fresques datent des 11e et 13e siècles. Elles proviennent de la chapelle du monastère, mais, comme auparavant il n'y avait plus de toit et qu'elles étaient dans un état de dégradation avancée, elles ont été déposées (détachées des murs) dans les années 70 et puis conservées au musée de Damas. Ce n'est que depuis la réhabilitation des lieux qu'elles y sont revenues, divisées en plein de fragments, fixées sur du plâtre... Nous avons donc jusqu'ici surtout nettoyé ces fragments et recollé des morceaux ensemble (c'est pas du puzzle de tapette, ça! ;-)). Le but à (très) long terme serait de les replacer dans la chapelle (ce qui, encore une fois, est assez éloigné de la conception occidentale de la restauration).

Les icônes datent des 17e, 18e et 19e siècles. Elles sont de qualité et dans des états très variés. J'ai travaillé principalement sur une pièce qui était presque entièrement surpeinte : il a donc fallu gratter minutieusement au scalpel la couche supérieure pour découvrir la couche originale. C'est un véritable plaisir de découvrir au fur et à mesure la représentation sous-jacente, aussi passionnant que découvrir un trésor!

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Damas

Enfin mes amis! Je n'ai pas eu de connexion internet avant aujourd'hui! Je vais me rattrapper dans les jours à venir pour vous conter mes aventures dans ce pays très séduisant! Ajd, je vais parler de Damas, notre ville d'arrivée. En faisant court, car il y a de la file derrière!

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